Un incendie qui pourrait être d'origine criminelle a détruit cinq autobus et autocars et endommagé un sixième véhicule dimanche soir à Marcoussis (Essonne). Les véhicules touchés, qui appartiennent à la société Les Cars d'Orsay, étaient rangés au dépôt.
Les premiers éléments de l'enquête n'ont pas permis de déterminer l'origine de l'incendie.
Antérieurement au sinistre, un préavis de grève avait été déposé pour mardi à partir de 4 heures.
Un expert doit se rendre sur les lieux mardi matin, a précisé la gendarmerie, et le parquet d'Evry a ouvert une enquête, confiée à la brigade de gendarmerie de Nozay (Essonne), avec le renfort de la brigade de recherche de Palaiseau.
Source Le Parisien.
mardi 6 avril 2010
lundi 5 avril 2010
Zurich : les vitres d'une société gérante du centre de rétention brisées
Trouvé sur Indymedia.ch, 20 mars :
La nuit de jeudi à vendredi, un jour après la mort d'un migrant nigérian au centre de rétention de Kloten, environ 5 fenêtres ont été cassées au bureau principal de l'ORS (la société privée et gérante de la prison de transit).
Traduit de l'allemand depuis An die waisen des existierenden
La nuit de jeudi à vendredi, un jour après la mort d'un migrant nigérian au centre de rétention de Kloten, environ 5 fenêtres ont été cassées au bureau principal de l'ORS (la société privée et gérante de la prison de transit).
Traduit de l'allemand depuis An die waisen des existierenden
Dresde (Allemagne): attaque incendiaire contre une entreprise d'explosifs
(28 février)
Des flammes de plusieurs mètres de hauteur sont venues illuminer le ciel de Dresde hier, après que des inconnus eurent attaqué une entreprise d'explosif.
Quatre camions, une fourgonnette et une excavatrice ont brûlé.
L'attaque semble avoir été préméditée. Pourtant le dirigeant de la compagnie a déclaré "ne pas avoir d'ennemi".
Cette compagnie est connue pour collaborer avec l'armée: ils ont produit des armes en masse pendant les première et seconde guerres mondiales sur des sites de production de la Saxe.
Traduit depuis Direct action news from germany.
Des flammes de plusieurs mètres de hauteur sont venues illuminer le ciel de Dresde hier, après que des inconnus eurent attaqué une entreprise d'explosif.
Quatre camions, une fourgonnette et une excavatrice ont brûlé.
L'attaque semble avoir été préméditée. Pourtant le dirigeant de la compagnie a déclaré "ne pas avoir d'ennemi".
Cette compagnie est connue pour collaborer avec l'armée: ils ont produit des armes en masse pendant les première et seconde guerres mondiales sur des sites de production de la Saxe.
Traduit depuis Direct action news from germany.
Antipsychiatrie : sortie du journal Sans Remède n° 1
“ Vous êtes sur terre, c’est sans remède ” (S. Beckett)
Sans remède est un journal alimenté par des vécus et des points de vue sur le système psychiatrique. Les textes rassemblés ici proviennent de différentes confrontations au pouvoir psy : “ visiteur ”, “ interné ”, “ intervenant ”. Ces multiples statuts permettent de cartographier un peu l’hôpital psychiatrique et laissent entrevoir que ce pouvoir n’est pas que le fait des médecins ; il s’exerce par la contrainte mais aussi par le consentement.
Sans remède parle de l’enfermement, de l’autorité psy et de ses effets autant dans les murs qu’en dehors.
Sans remède ne propose pas de critique constructive pour penser un nouvel enfermement psychiatrique. Il ne s’agit pas de réinventer l’hôpital.
Sans remède ne voit pas de victimes dans les hôpitaux. Nous sommes des personnes avec des histoires, des souffrances, des passés mais jamais de symptômes.
Sans solution.
Sans remède n°1
sans.remede AAA laposte.net
http://sansremede.fr/
Sans remède est un journal alimenté par des vécus et des points de vue sur le système psychiatrique. Les textes rassemblés ici proviennent de différentes confrontations au pouvoir psy : “ visiteur ”, “ interné ”, “ intervenant ”. Ces multiples statuts permettent de cartographier un peu l’hôpital psychiatrique et laissent entrevoir que ce pouvoir n’est pas que le fait des médecins ; il s’exerce par la contrainte mais aussi par le consentement.
Sans remède parle de l’enfermement, de l’autorité psy et de ses effets autant dans les murs qu’en dehors.
Sans remède ne propose pas de critique constructive pour penser un nouvel enfermement psychiatrique. Il ne s’agit pas de réinventer l’hôpital.
Sans remède ne voit pas de victimes dans les hôpitaux. Nous sommes des personnes avec des histoires, des souffrances, des passés mais jamais de symptômes.
Sans solution.
Sans remède n°1
sans.remede AAA laposte.net
http://sansremede.fr/
Déclaration lue devant la cour par un des arrêtés du 23 février 2010 à Turin
Tous les arrêtes de Turin ont été relâchés de prison, Andrea, Fabio et Marco ont l’obligation de pointer tous les jours et Paolo trois fois par semaine. Luca a une interdiction de quitter la ville de Turin. Maja et Massimo n’ont plus aucune restriction. Pour des informations sur ces arrestations, voir ici. Ci-dessous, la déclaration devant la cour de l’un de ces compagnons.
La plupart des accusés de ce procès sont des anarchistes, et accuser des anarchistes d’« incitation au crime » est une tâche très facile, comme tirer sur la Croix-Rouge.
Portant un sens de la justice et de la liberté qui n’a aucun rapport avec la loi, chaque anarchiste fait de sa vie une invitation continue à lutter contre l’injustice et donc à violer les lois qui produisent une telle injustice : la vie de chaque anarchiste est une longue et incessante « incitation au crime ».
En attendant qu’un certain pas légal soit franchit, qui établirait finalement que les anarchistes en tant que tel sont des criminels, ceux qui nous accusent sont aujourd’hui contraint à prouver que quelqu’un, de l’extérieur, a poussé des prisonniers immigrés partout en Italie à se révolter chaque semaine pendant les deux années passées, causant ainsi des dégâts de milliers d’euros et perturbant la machine à expulser. Et ils doivent trouver des preuves que cet « instigateur » est assis aujourd’hui sur le banc des accusés.
Cette preuve ne se trouve dans aucun des mandats d’arrêt que nous avons ici. Et il ne peut pas être trouvé parce qu’il n’y a jamais eu d’« incitation » et il n’était pas nécessaire ou juste qu’une telle incitation soit effective. Principalement parce que les gens n’ont pas besoin d’appels et de slogans charmants pour se révolter. Au contraire, c’est l’injustice qui produit des conflits, qui peuvent à leur tour mener à des révoltes.
Et voici l’injustice, une injustice évidente. Ils prétendent que des gens qui ont tout risqué pour atteindre nos villes sont expulsés sans dire un mot. Ou que des gens exploités pendant des années dans des champs ou des cuisines de restaurants à la mode se laissent jeter. Ou que ceux qui sont arrivés ici enfants et qui n’ont personne qui les attends dans leurs pays d’origine se laissent aussi expulser en silence. Et comme si ce n’était pas assez pour générer le conflit, à l’intérieur des CIE [équivalent des CRA en Italie] des sans-papiers sont privés de tout, réduit à un simple corps laissé pour mort en l’absence de traitement médical ou par désespoir, un corps battu ou abusé sexuellement - particulièrement quand les femmes sont impliquées.
Si tout cela est vrai - et vous constaterez que c’est le cas dans le dossier même de ce procès - le conflit dans les CIE est non seulement naturel mais est aussi le seul moyen par lequel les migrants emprisonnés peuvent réaffirmer leur humanité, qui leur est niée.
Pour cette raison, les migrants ne nous ont pas attendus, ni nous ni personne d’autre, pour commencer à lutter et essayer de surmonter ou détruire ces murs. Et ils n’ont pas cessé de le faire, ridiculisant ceux qui nous ont arrêtés dans l’espoir pathétique d’apporter la paix là où la paix ne pourra jamais être.
Il n’y a jamais eu de besoin d’« incitation » extérieure parce que les moyens et les voies de la lutte doivent être autonomes, la lutte doit refléter les expériences et les conflits de ceux qui sont enfermés, elle doit trouver ses propres temps et expressions. Il n’aurait pas été juste de dire : « maintenant vous allez participer à la grève de la faim » ou « demain vous brûlez deux ou trois matelas » - comme le revendique stupidement le procureur.
Au contraire, ce que nous avons toujours dit est : « nous sommes là ». Autrement dit, nous avons offert nos moyens d’informations et nos réseaux de contacts, nous avons encouragé les relations entre les différentes luttes dans les prisons, nous nous sommes présentés pour amplifier les voix des prisonniers du mieux que l’on pouvait, nous avons promu nos initiatives en même temps que celles à l’intérieur des CIE. Tout cela peut certainement affecter le cours des événements, mais appeler cela une « incitation au crime » est d’une connerie typique de la police italienne, et cela est presque une offense.
Pour vous dire la vérité entière, même si cela pourrait vous sembler étrange, c’est en fait les prisonniers qui nous ont « incités » ces derniers mois, et ils l’ont fait d’une façon très simple, en révélant leurs histoires pour que nous puissions en parler, en s’organisant dans le secret pour que les photos de tabassages et les films à charge contre la police soient connus à l’extérieur, en nous apprenant que l’on peut s’élever sur un toit et crier « liberté ! » même quant on sait que la réponse sera un sévère passage à tabac. Les images terrifiantes de soldats chargeant à l’intérieur des cages de la prison pour étranger de Gradisca sont des images qui nous obligent à agir, parce qu’elles mettent notre conscience face à un mur.
Le vrai problème de cette ville, donc, n’est pas « qui incite qui » ; le problème c’est ceux qui ne se laissent pas être incités, ceux qui voient, et continuent comme s’ils n’avaient rien vu.
Traduit par nos soins de l’anglais.
Trouvé sur la Base de données anarchistes.
La plupart des accusés de ce procès sont des anarchistes, et accuser des anarchistes d’« incitation au crime » est une tâche très facile, comme tirer sur la Croix-Rouge.
Portant un sens de la justice et de la liberté qui n’a aucun rapport avec la loi, chaque anarchiste fait de sa vie une invitation continue à lutter contre l’injustice et donc à violer les lois qui produisent une telle injustice : la vie de chaque anarchiste est une longue et incessante « incitation au crime ».
En attendant qu’un certain pas légal soit franchit, qui établirait finalement que les anarchistes en tant que tel sont des criminels, ceux qui nous accusent sont aujourd’hui contraint à prouver que quelqu’un, de l’extérieur, a poussé des prisonniers immigrés partout en Italie à se révolter chaque semaine pendant les deux années passées, causant ainsi des dégâts de milliers d’euros et perturbant la machine à expulser. Et ils doivent trouver des preuves que cet « instigateur » est assis aujourd’hui sur le banc des accusés.
Cette preuve ne se trouve dans aucun des mandats d’arrêt que nous avons ici. Et il ne peut pas être trouvé parce qu’il n’y a jamais eu d’« incitation » et il n’était pas nécessaire ou juste qu’une telle incitation soit effective. Principalement parce que les gens n’ont pas besoin d’appels et de slogans charmants pour se révolter. Au contraire, c’est l’injustice qui produit des conflits, qui peuvent à leur tour mener à des révoltes.
Et voici l’injustice, une injustice évidente. Ils prétendent que des gens qui ont tout risqué pour atteindre nos villes sont expulsés sans dire un mot. Ou que des gens exploités pendant des années dans des champs ou des cuisines de restaurants à la mode se laissent jeter. Ou que ceux qui sont arrivés ici enfants et qui n’ont personne qui les attends dans leurs pays d’origine se laissent aussi expulser en silence. Et comme si ce n’était pas assez pour générer le conflit, à l’intérieur des CIE [équivalent des CRA en Italie] des sans-papiers sont privés de tout, réduit à un simple corps laissé pour mort en l’absence de traitement médical ou par désespoir, un corps battu ou abusé sexuellement - particulièrement quand les femmes sont impliquées.
Si tout cela est vrai - et vous constaterez que c’est le cas dans le dossier même de ce procès - le conflit dans les CIE est non seulement naturel mais est aussi le seul moyen par lequel les migrants emprisonnés peuvent réaffirmer leur humanité, qui leur est niée.
Pour cette raison, les migrants ne nous ont pas attendus, ni nous ni personne d’autre, pour commencer à lutter et essayer de surmonter ou détruire ces murs. Et ils n’ont pas cessé de le faire, ridiculisant ceux qui nous ont arrêtés dans l’espoir pathétique d’apporter la paix là où la paix ne pourra jamais être.
Il n’y a jamais eu de besoin d’« incitation » extérieure parce que les moyens et les voies de la lutte doivent être autonomes, la lutte doit refléter les expériences et les conflits de ceux qui sont enfermés, elle doit trouver ses propres temps et expressions. Il n’aurait pas été juste de dire : « maintenant vous allez participer à la grève de la faim » ou « demain vous brûlez deux ou trois matelas » - comme le revendique stupidement le procureur.
Au contraire, ce que nous avons toujours dit est : « nous sommes là ». Autrement dit, nous avons offert nos moyens d’informations et nos réseaux de contacts, nous avons encouragé les relations entre les différentes luttes dans les prisons, nous nous sommes présentés pour amplifier les voix des prisonniers du mieux que l’on pouvait, nous avons promu nos initiatives en même temps que celles à l’intérieur des CIE. Tout cela peut certainement affecter le cours des événements, mais appeler cela une « incitation au crime » est d’une connerie typique de la police italienne, et cela est presque une offense.
Pour vous dire la vérité entière, même si cela pourrait vous sembler étrange, c’est en fait les prisonniers qui nous ont « incités » ces derniers mois, et ils l’ont fait d’une façon très simple, en révélant leurs histoires pour que nous puissions en parler, en s’organisant dans le secret pour que les photos de tabassages et les films à charge contre la police soient connus à l’extérieur, en nous apprenant que l’on peut s’élever sur un toit et crier « liberté ! » même quant on sait que la réponse sera un sévère passage à tabac. Les images terrifiantes de soldats chargeant à l’intérieur des cages de la prison pour étranger de Gradisca sont des images qui nous obligent à agir, parce qu’elles mettent notre conscience face à un mur.
Le vrai problème de cette ville, donc, n’est pas « qui incite qui » ; le problème c’est ceux qui ne se laissent pas être incités, ceux qui voient, et continuent comme s’ils n’avaient rien vu.
Traduit par nos soins de l’anglais.
Trouvé sur la Base de données anarchistes.
L’ordre d'abord : après le tremblement de terre, l’occupation
Sur les écrans de toute la planète, l'arrivée de troupes de « soutien » américaines en Haïti nous a été vendue comme une grande opération de sauvetage. Mais dans les rues de Port-au-Prince, cette occupation a pourtant provoqué comme arrière-goût amer.
Depuis, les caméras de la télévision ont déjà voyagé ailleurs. Du Chili, ou même de plus près de nous comme en France, nous reviennent à présent d'autres images spectaculaires de tremblements de terre, d'inondations et de dévastations. Sur Haïti, quelques brèves paraissent encore dans les journaux : des averses et des coulées boueuses font des camps de tentes un véritable enfer. Mais alors que les dons et les spectacles médiatiques qui les animent ont peut-être déjà trouvé une nouvelle destination, les armées américaines et françaises sont quant à elles loin d’être reparties.
Dès les premiers jours qui ont suivi le tremblement de terre, les Etats-Unis ont directement pris le contrôle de la capitale Port-au-Prince et de son aéroport. [Fait remarquable : dans les premières journées intenses sur l’aéroport, la Scientologie a reçu la permission d’atterrir et d’envoyer ses missionnaires. L’avion de la secte ramenait notamment quelques stars d’Hollywood et des guérisseurs qui imposent avec leurs mains. Oui, c'est sûr, la Scientologie contribuera à l’opération de sauvetage en imposant avec les mains ! Rien de mieux qu'un pays dévasté pour convertir un maximum d’âmes.] Les premiers secours ont facilement atteint les riches quartiers périphériques où se trouvaient les villas d'hommes d’affaires étrangers et de fonctionnaires de l’ONU. Ce n'est qu'après avoir fournit toute la protection militaire nécessaire à ces quartiers, qu'ils se sont dirigés vers le centre-ville et les bidonvilles. Là où un corps de police décimé essayait en vain de cacher son impuissance en tirant sur tout le monde au moindre mouvement suspect. Que le désespoir ne vous envahisse pas, car voilà que débarque l’armée humanitaire. Après un tel désastre, la première priorité s’est pourtant avérer être… d'arrêter les pillages. Rétablir l’ordre signifie par exemple forcer chacun à se plier aux longues queues devant les camions de l'aide alimentaire. Car imagine un peu si les gens organisaient leur propre survie en allant tout simplement chercher eux-mêmes les choses dont ils avaient besoin dans les dépôts des magasins, plutôt qu'en tendant sagement la main vers les ONG bienveillantes en regardant pitoyablement les caméras ! Ou bien encore si les gens s’appropriaient ce qui pouvait leur procurer un peu d’argent pour la suite, au lieu de devoir attendre pendant des mois, voire des années, dans des camps de tentes. Non, ce n'était vraiment pas possible ! Le rôle des pauvres et des riches est réparti depuis longtemps, et même un tremblement de terre n’y changera rien. Tout au plus peut-on être une victime et espérer quelque don généreux filtré par les bureaucraties et les règles morales des humanitaires professionnels.
Comme lors de tout désastre dans un « Etat effondré », le tremblement de terre en Haïti annonçait ainsi une grande période de fête pour l’humanitarisme et le militarisme des auto-proclamés « Etats Héroïques ». Des héros qui se pavannent devant les caméras de la télévision avant d'aller massacrer ailleurs. Mais la vue des armées américaines et françaises se précipitant sur place inquiète pour d’autres raisons. Les Etats-Unis et la France ne sont pas par hasard les pays qui ont réagi le plus rapidement et ceux qui ont envoyé le plus de troupes. Ils ont encore des intérêts économiques à défendre en Haïti, des intérêts qui proviennent d’un passé plus ou moins lointain.
L’île qui est maintenant divisée entre Haïti et la République Dominicaine a été « découverte » par Colomb (dans les livres d'histoire officiels, l’île ne semble pas exister avant l’invasion, comme souvent avec les territoires – vu depuis l’Europe - d'outre-mer). L’île a été bien vite débarrassée de ses anciens habitants avec le travail forcé et surtout les maladies des colonisateurs. La France, qui avait conquis la partie ouest contre l’Espagne, a alors accéléré l’importation d’esclaves africains, faisant d’Haïti sa colonie la plus lucrative. Les hommes et les femmes obligés de travailler dans les plantations de canne à sucre et de café vivaient dans des conditions infernales et subissaient de lourdes brimades au moindre signe de résistance ou d’ « improductivité ». En 1804, l’insurrection des esclaves a enfin réussi à chasser les maîtres blancs, mais la France leur a imposé de lourdes dettes sous forme de « dédommagements » pour la perte de ses esclaves et de ses plantations. N'oublions pas non plus que l’abattage des arbres tropicaux pour l’exportation et pour les plantations avait aussi déboisé des pans entiers de montagne. Si lors de chutes de pluie plus ou moins fortes, s'en suivent maintenant des coulées boueuses dévastatrices et meurtrières, c’est donc aussi un souvenir de la domination française. Dans la première moitié du 20ème siècle, ce sont les Etats-Unis qui ont cette fois occupé le pays pour préserver leurs intérêts économiques face à d'autres puissances. Ensuite, c'est le FMI (un fonds d’entreprises et de banques qui prêtent de l’argent aux gouvernements en échange de décisions économiques qui ne bénéficient qu'aux prêteurs) qui a repris le rôle de créancier à la France. En échange de prêts, il a exigé des mesures nécessaires pour « réaliser une reprise économique ». Là où l’Haïti produisait par exemple assez de riz pour tous les habitants, elle est maintenant dépendante de l’importation des Etats-Unis. Cela en dit long sur ces « mesures nécessaires ».
Les armées humanitaires, avec pour fidèles alliés les organisations "humanitaires" (les ONG, mais aussi les organisations semi- et entièrement gouvernementales), continuent à présent le travail des colonisateurs, des négriers et des créanciers d'avant. Ils rétablissent l’ordre, défendent les intérêts économiques et stratégiques de leurs patrons, et font en sorte que chacun reste à sa place dans un jeu mondial fait d’exploités et d’exploiteurs, d’opprimés et d’oppresseurs. D'innombrables entrepreneurs entrevoient également dans ce désastre une aubaine pour gagner plus d’argent, de travail, de gloire et de crédibilité. Après un tel désastre, il y a en effet beaucoup à faire : attraper et déporter des réfugiés, évacuer les touristes, localiser les 5000 prisonniers évadés, garantir la sécurité de la propriété privée et des marchandises, importer des surplus d’aliments génétiquement modifiés sous forme d’ « aide alimentaire »… Les spectacles médiatiques, les histoires hypocrites ou paternalistes des aideurs professionnels ne sont alors plus que le cadeau bonus qui vient avec, et en échange d’un petit don; on peut même recevoir la douce absolution de la conscience apaisée.
La seule catastrophe à laquelle on peut changer quelque chose, c’est la misère de la réalité quotidienne dans laquelle on se trouve tous.
Entre-temps au Chili
Après le tremblement de terre du 27 février au Chili, ils nous ont fait voir des images semblables à celles d'Haïti. Des dévastations et, parmi les ruines, des gens à la recherche de biens dans les grands entrepôts d’approvisionnement que sont les supermarchés et les villas des riches. L’Etat chilien, qui n'a malheureusement pas été aussi touché qu'en Haïti, est immédiatement entré en action. Alors que beaucoup d’endroits étaient encore isolés et donc aussi privés d’électricité, de gaz et d’eau, l’armée est descendue dans la rue et l’état d’urgence a été proclamé (pratiquement, cela signifiait le couvre-feu). Dans beaucoup de quartiers, les autopompes, la police anti-émeute et le gaz lacrymogène sont ainsi arrivés avant même les premiers secours de base. Attaquer l’autorité et la sainte marchandise ne pouvait clairement pas être toléré. La priorité de l’Etat était de rétablir l’ordre et de préserver son pouvoir en rendant le retour à la normalité le plus rapide possible. Dommage pour eux, mais dans la prison de Chillan, au sud, ce sont 290 personnes qui ont pu s’évader quand un mur s’est écrasé ; et dans une autre prison, c'est en se mutinant que les prisonniers se sont évadés. Immédiatement, près de 100 unités d’intervention spéciales de la police ont été envoyées dans le sud pour étouffer les révoltes. Jusqu'à présent, 125 prisonniers ont été repris, les 274 autres sont encore dans la nature.
Il va de soi que l’armée et les flics, maintenant que leur contrôle sur les villes est quasi-total, profitent aussi de l’occasion pour s’attaquer à quelques lieux de rencontre où se nourrit et s'approfondit la guerre sociale. Le centre social anarchiste La Idea, sérieusement endommagé après le tremblement de terre, a ainsi été démoli par des forces de l’ordre profitant de l'absence de ses occupants. Le même jour à Valparaíso, des militants du Parti Communiste ont attaqué le squat Odio Punk avec la police. C'est en effet le parti de ces flics rouges qui est le propriétaire officiel du bâtiment en question, et ça a donc été pour eux l’occasion de démolir ce centre social en travaillant avec les flics. A d’autres endroits, les dégâts sont importants, et leurs occupants sont à la recherche d’autres bâtiments ou se préparent à de grands travaux.
Texte extrait de Hors Service n°3.
Depuis, les caméras de la télévision ont déjà voyagé ailleurs. Du Chili, ou même de plus près de nous comme en France, nous reviennent à présent d'autres images spectaculaires de tremblements de terre, d'inondations et de dévastations. Sur Haïti, quelques brèves paraissent encore dans les journaux : des averses et des coulées boueuses font des camps de tentes un véritable enfer. Mais alors que les dons et les spectacles médiatiques qui les animent ont peut-être déjà trouvé une nouvelle destination, les armées américaines et françaises sont quant à elles loin d’être reparties.
Dès les premiers jours qui ont suivi le tremblement de terre, les Etats-Unis ont directement pris le contrôle de la capitale Port-au-Prince et de son aéroport. [Fait remarquable : dans les premières journées intenses sur l’aéroport, la Scientologie a reçu la permission d’atterrir et d’envoyer ses missionnaires. L’avion de la secte ramenait notamment quelques stars d’Hollywood et des guérisseurs qui imposent avec leurs mains. Oui, c'est sûr, la Scientologie contribuera à l’opération de sauvetage en imposant avec les mains ! Rien de mieux qu'un pays dévasté pour convertir un maximum d’âmes.] Les premiers secours ont facilement atteint les riches quartiers périphériques où se trouvaient les villas d'hommes d’affaires étrangers et de fonctionnaires de l’ONU. Ce n'est qu'après avoir fournit toute la protection militaire nécessaire à ces quartiers, qu'ils se sont dirigés vers le centre-ville et les bidonvilles. Là où un corps de police décimé essayait en vain de cacher son impuissance en tirant sur tout le monde au moindre mouvement suspect. Que le désespoir ne vous envahisse pas, car voilà que débarque l’armée humanitaire. Après un tel désastre, la première priorité s’est pourtant avérer être… d'arrêter les pillages. Rétablir l’ordre signifie par exemple forcer chacun à se plier aux longues queues devant les camions de l'aide alimentaire. Car imagine un peu si les gens organisaient leur propre survie en allant tout simplement chercher eux-mêmes les choses dont ils avaient besoin dans les dépôts des magasins, plutôt qu'en tendant sagement la main vers les ONG bienveillantes en regardant pitoyablement les caméras ! Ou bien encore si les gens s’appropriaient ce qui pouvait leur procurer un peu d’argent pour la suite, au lieu de devoir attendre pendant des mois, voire des années, dans des camps de tentes. Non, ce n'était vraiment pas possible ! Le rôle des pauvres et des riches est réparti depuis longtemps, et même un tremblement de terre n’y changera rien. Tout au plus peut-on être une victime et espérer quelque don généreux filtré par les bureaucraties et les règles morales des humanitaires professionnels.
Comme lors de tout désastre dans un « Etat effondré », le tremblement de terre en Haïti annonçait ainsi une grande période de fête pour l’humanitarisme et le militarisme des auto-proclamés « Etats Héroïques ». Des héros qui se pavannent devant les caméras de la télévision avant d'aller massacrer ailleurs. Mais la vue des armées américaines et françaises se précipitant sur place inquiète pour d’autres raisons. Les Etats-Unis et la France ne sont pas par hasard les pays qui ont réagi le plus rapidement et ceux qui ont envoyé le plus de troupes. Ils ont encore des intérêts économiques à défendre en Haïti, des intérêts qui proviennent d’un passé plus ou moins lointain.
L’île qui est maintenant divisée entre Haïti et la République Dominicaine a été « découverte » par Colomb (dans les livres d'histoire officiels, l’île ne semble pas exister avant l’invasion, comme souvent avec les territoires – vu depuis l’Europe - d'outre-mer). L’île a été bien vite débarrassée de ses anciens habitants avec le travail forcé et surtout les maladies des colonisateurs. La France, qui avait conquis la partie ouest contre l’Espagne, a alors accéléré l’importation d’esclaves africains, faisant d’Haïti sa colonie la plus lucrative. Les hommes et les femmes obligés de travailler dans les plantations de canne à sucre et de café vivaient dans des conditions infernales et subissaient de lourdes brimades au moindre signe de résistance ou d’ « improductivité ». En 1804, l’insurrection des esclaves a enfin réussi à chasser les maîtres blancs, mais la France leur a imposé de lourdes dettes sous forme de « dédommagements » pour la perte de ses esclaves et de ses plantations. N'oublions pas non plus que l’abattage des arbres tropicaux pour l’exportation et pour les plantations avait aussi déboisé des pans entiers de montagne. Si lors de chutes de pluie plus ou moins fortes, s'en suivent maintenant des coulées boueuses dévastatrices et meurtrières, c’est donc aussi un souvenir de la domination française. Dans la première moitié du 20ème siècle, ce sont les Etats-Unis qui ont cette fois occupé le pays pour préserver leurs intérêts économiques face à d'autres puissances. Ensuite, c'est le FMI (un fonds d’entreprises et de banques qui prêtent de l’argent aux gouvernements en échange de décisions économiques qui ne bénéficient qu'aux prêteurs) qui a repris le rôle de créancier à la France. En échange de prêts, il a exigé des mesures nécessaires pour « réaliser une reprise économique ». Là où l’Haïti produisait par exemple assez de riz pour tous les habitants, elle est maintenant dépendante de l’importation des Etats-Unis. Cela en dit long sur ces « mesures nécessaires ».
Les armées humanitaires, avec pour fidèles alliés les organisations "humanitaires" (les ONG, mais aussi les organisations semi- et entièrement gouvernementales), continuent à présent le travail des colonisateurs, des négriers et des créanciers d'avant. Ils rétablissent l’ordre, défendent les intérêts économiques et stratégiques de leurs patrons, et font en sorte que chacun reste à sa place dans un jeu mondial fait d’exploités et d’exploiteurs, d’opprimés et d’oppresseurs. D'innombrables entrepreneurs entrevoient également dans ce désastre une aubaine pour gagner plus d’argent, de travail, de gloire et de crédibilité. Après un tel désastre, il y a en effet beaucoup à faire : attraper et déporter des réfugiés, évacuer les touristes, localiser les 5000 prisonniers évadés, garantir la sécurité de la propriété privée et des marchandises, importer des surplus d’aliments génétiquement modifiés sous forme d’ « aide alimentaire »… Les spectacles médiatiques, les histoires hypocrites ou paternalistes des aideurs professionnels ne sont alors plus que le cadeau bonus qui vient avec, et en échange d’un petit don; on peut même recevoir la douce absolution de la conscience apaisée.
La seule catastrophe à laquelle on peut changer quelque chose, c’est la misère de la réalité quotidienne dans laquelle on se trouve tous.
Entre-temps au Chili
Après le tremblement de terre du 27 février au Chili, ils nous ont fait voir des images semblables à celles d'Haïti. Des dévastations et, parmi les ruines, des gens à la recherche de biens dans les grands entrepôts d’approvisionnement que sont les supermarchés et les villas des riches. L’Etat chilien, qui n'a malheureusement pas été aussi touché qu'en Haïti, est immédiatement entré en action. Alors que beaucoup d’endroits étaient encore isolés et donc aussi privés d’électricité, de gaz et d’eau, l’armée est descendue dans la rue et l’état d’urgence a été proclamé (pratiquement, cela signifiait le couvre-feu). Dans beaucoup de quartiers, les autopompes, la police anti-émeute et le gaz lacrymogène sont ainsi arrivés avant même les premiers secours de base. Attaquer l’autorité et la sainte marchandise ne pouvait clairement pas être toléré. La priorité de l’Etat était de rétablir l’ordre et de préserver son pouvoir en rendant le retour à la normalité le plus rapide possible. Dommage pour eux, mais dans la prison de Chillan, au sud, ce sont 290 personnes qui ont pu s’évader quand un mur s’est écrasé ; et dans une autre prison, c'est en se mutinant que les prisonniers se sont évadés. Immédiatement, près de 100 unités d’intervention spéciales de la police ont été envoyées dans le sud pour étouffer les révoltes. Jusqu'à présent, 125 prisonniers ont été repris, les 274 autres sont encore dans la nature.
Il va de soi que l’armée et les flics, maintenant que leur contrôle sur les villes est quasi-total, profitent aussi de l’occasion pour s’attaquer à quelques lieux de rencontre où se nourrit et s'approfondit la guerre sociale. Le centre social anarchiste La Idea, sérieusement endommagé après le tremblement de terre, a ainsi été démoli par des forces de l’ordre profitant de l'absence de ses occupants. Le même jour à Valparaíso, des militants du Parti Communiste ont attaqué le squat Odio Punk avec la police. C'est en effet le parti de ces flics rouges qui est le propriétaire officiel du bâtiment en question, et ça a donc été pour eux l’occasion de démolir ce centre social en travaillant avec les flics. A d’autres endroits, les dégâts sont importants, et leurs occupants sont à la recherche d’autres bâtiments ou se préparent à de grands travaux.
Texte extrait de Hors Service n°3.
dimanche 4 avril 2010
Lecco (italie) : exemple photographique de micros/GPS retrouvés dans la voiture d’un compagnon



Pour préciser, le dispositif était comme très souvent relié à l’alimentation électrique, via la lumière de l’habitacle intérieur.
Le dispositif retrouvé à Lecco (voir photos ci-contre) était composé d’un téléphone portable modifié, d’une antenne, d’un GPS et d’un micro. L’ensemble était placé entre la carrosserie et le revêtement intérieur, et fixé à l’aide de deux aimants.
Traduit de l’italien, informa-azione,02/04/2010
samedi 3 avril 2010
Buenos Aires: un patron détroussé en pleine rue
Le 26 mars un groupe de compagnons acrates a dépouillé Amadeo Genta, patron corrompu d'une corporation, et son garde du corps, leur piquant du fric et une arme qu'ils portaient sur eux, après leur être tombés dessus à Villa Devoto.
Nucleo Simón Radowitzky
Traduit depuis Liberacion total.
Nucleo Simón Radowitzky
Traduit depuis Liberacion total.
Rapide compte-rendu de la première audience des révoltés du centre de rétention de Ponte Galeria.
Les révoltés étaient accusés de violence et dommage aggravés, incendie volontaire et tentative d’évasion. L’audience en comparution immédiate a eu lieu à portes closes, pendant qu’un rassemblement avec banderole et distribution de tracts se tenait devant le tribunal. Les avocats ont réussi à faire tomber l’accusation aggravante de flagrant délit, vu que plusieurs heures sont passées entre la fin de la révolte et les arrestations. Le juge a donc était contraint de refuser la détention provisoire, sauf pour trois des 18 inculpés, qui avait déjà des condamnations pour des délits similaires, et sont donc considérés récidivistes. 15 d’entre eux ont donc été ramenés au centre de rétention de Ponte Galeria, et les 3 autres incarcérés à la prison de Regina Coeli à Rome. Entre autres, le juge, accueillant les demandes des défenseurs, a exclu la circonstance aggravante de l’incendie et de la tentative évasion, en précisant que, s’agissant de détention administrative, la tentative d’évasion du Cie ne peut pas être considérée une évasion. Les chefs d’inculpation qui subsistent sont dommages et violence aggravés. Les dates des prochaines audiences n’ont pas encore été fixées.
Solidarité avec les révoltés de Ponte Galeria !
Feu aux centres de rétention ! Feu à toutes les prisons !
Ni justice ni paix !
**********
Le lendemain de la révolte de Ponte Galeria à Rome,18 retenus passent en comparution immédiate.
Le lendemain de la grande révolte au Cie de Ponte Galeria à Rome, les 18 retenus arrêtés passent en comparution immédiate. L’audience sera longue : la police a commencé par présenter les preuves qu’elle a rassemblé contre eux, et à l’heure qu’il est le juge les interroge un par un. Depuis ce matin nous participons à un rassemblement devant la tribunal, et cet après-midi une assemblée générale des soutiens doit se tenir pour décider des prochaines initiatives.
Entretemps, la direction du centre continue de nier les très nombreux transferts qui ont déplacé un grand nombre de retenus vers d’autres centres de rétention. Nous vous tiendrons informés sur ce sujet dès que nos informations seront plus précises, mais très probablement Joy fait partie des retenu(e)s transféré(e)s, elle devrait retourner au Cie de Modène.(Joy est l’une des retenues qui ont pris part à une des grandes révoltes dans les centres de rétention italiens qui ont éclaté l’été dernier, en occurrence celle du 13 août 2009 au CIE de la rue (via) Corelli à Milan. Son témoignage lors du procès de cette révolte l’a rendue tristement célèbre : comme plusieurs autres retenues, elle a été victime de violences sexuelles répétées, infligées par l’inspecteur-chef du centre milanais, Vittorio Addesso. Ses efforts, et ceux des autres retenues concernées, Helen, Debby, Florence et d’autres, pour le repousser leur ont d’ailleurs valu toutes sortes de vexations, dont des matraquages alors qu’elles étaient menottées)
Ce transfert veut dire qu’elle ne sera pas expulsée, pour l’instant (le Cie de Rome, Ponte Galeria, est généralement la dernière étape avant l’expulsion). Nous ne savons pas si ce transfert est dû à des questions juridiques ou au vaste mouvement de soutien dont elle a bénéficié, peut être les deux à la fois. Il pourrait s’agir, plus simplement, d’une mesure visant à éloigner Joy, qui est désormais connue des soutiens de l’extérieur, du centre de Ponte Galeria au moment où à l’intérieur on est occupé à réprimer la révolte de lundi dernier. Mise à jour de 15h30 : L’audience est désormais terminée mais pas le procès. Sur 18 arrestations, il n’y a que 3 retenus - les seuls à avoir des antécédents de résistance - qui resteront en prison (les 18 retenus ont passé la nuit à la prison de Regina Coeli suite à leur arrestation). Les autres sont » libérés « , c’est à dire ramenés au centre de rétention de Ponte Galeria. Au cours de l’audience un des flics en service à Ponte Galeria a admis avoir tiré 3 coups de feu en l’air ; il se serait retrouvé sur le toit en plein milieu de la révolte, abandonné par ses collègues et seul parmi les émeutiers...
macerie @ Mercredi 31 mars 2010
Solidarité avec les révoltés de Ponte Galeria !
Feu aux centres de rétention ! Feu à toutes les prisons !
Ni justice ni paix !
**********
Le lendemain de la révolte de Ponte Galeria à Rome,18 retenus passent en comparution immédiate.
Le lendemain de la grande révolte au Cie de Ponte Galeria à Rome, les 18 retenus arrêtés passent en comparution immédiate. L’audience sera longue : la police a commencé par présenter les preuves qu’elle a rassemblé contre eux, et à l’heure qu’il est le juge les interroge un par un. Depuis ce matin nous participons à un rassemblement devant la tribunal, et cet après-midi une assemblée générale des soutiens doit se tenir pour décider des prochaines initiatives.
Entretemps, la direction du centre continue de nier les très nombreux transferts qui ont déplacé un grand nombre de retenus vers d’autres centres de rétention. Nous vous tiendrons informés sur ce sujet dès que nos informations seront plus précises, mais très probablement Joy fait partie des retenu(e)s transféré(e)s, elle devrait retourner au Cie de Modène.(Joy est l’une des retenues qui ont pris part à une des grandes révoltes dans les centres de rétention italiens qui ont éclaté l’été dernier, en occurrence celle du 13 août 2009 au CIE de la rue (via) Corelli à Milan. Son témoignage lors du procès de cette révolte l’a rendue tristement célèbre : comme plusieurs autres retenues, elle a été victime de violences sexuelles répétées, infligées par l’inspecteur-chef du centre milanais, Vittorio Addesso. Ses efforts, et ceux des autres retenues concernées, Helen, Debby, Florence et d’autres, pour le repousser leur ont d’ailleurs valu toutes sortes de vexations, dont des matraquages alors qu’elles étaient menottées)
Ce transfert veut dire qu’elle ne sera pas expulsée, pour l’instant (le Cie de Rome, Ponte Galeria, est généralement la dernière étape avant l’expulsion). Nous ne savons pas si ce transfert est dû à des questions juridiques ou au vaste mouvement de soutien dont elle a bénéficié, peut être les deux à la fois. Il pourrait s’agir, plus simplement, d’une mesure visant à éloigner Joy, qui est désormais connue des soutiens de l’extérieur, du centre de Ponte Galeria au moment où à l’intérieur on est occupé à réprimer la révolte de lundi dernier. Mise à jour de 15h30 : L’audience est désormais terminée mais pas le procès. Sur 18 arrestations, il n’y a que 3 retenus - les seuls à avoir des antécédents de résistance - qui resteront en prison (les 18 retenus ont passé la nuit à la prison de Regina Coeli suite à leur arrestation). Les autres sont » libérés « , c’est à dire ramenés au centre de rétention de Ponte Galeria. Au cours de l’audience un des flics en service à Ponte Galeria a admis avoir tiré 3 coups de feu en l’air ; il se serait retrouvé sur le toit en plein milieu de la révolte, abandonné par ses collègues et seul parmi les émeutiers...
macerie @ Mercredi 31 mars 2010
Sodimatex: les négociations pompiers des feux de la colère
Les salariés de Sodimatex lèvent leur menace de faire exploser le site
03.04.2010
Trêve pascale entre les salariés et la direction de Sodimatex à Crépy-en-Valois (Oise). Vers 3h20, cette nuit, un accord de méthode a fini par être conclu. Les négociations sur le fond doivent reprendre mercredi en sous-préfecture de Senlis.
Les employés, qui s'étaient retranchés dans l'usine jeudi, menaçaient de faire exploser une citerne de gaz dans leur usine, dans le but d'obtenir de meilleures indemnités de départ.
«Ce n'est pas fini, a prévenu Patrick Testar (CFDT), de l'intersyndicale. Si mercredi on n'arrive pas à des avancées positives, on a bien précisé à notre préfet qu'on débranche juste le détonateur, c'est tout.» Une vingtaine de salariés ont passé une deuxième nuit sur place, avant une réunion prévue ce samedi.
Le maire de la ville, Arnaud Foubert (UMP), qui craignait un «acte désespéré», n'a pas caché samedi son soulagement de voir s'éloigner au moins provisoirement le spectre de l'explosion de cette citerne de près de cinq mètres de long, que les salariés menaçaient d'incendier depuis jeudi.
Des conditions «loyales» de négociations
Vendredi, peu avant 20 heures, les salariés avaient quitté très en colère la table de négociations entamées à la mi-journée. Ils ont finalement repris les discussions vers 22 heures, avant de trouver un accord fixant le cadre des négociations. L'enjeu de fond : les conditions de départ des 92 salariés du site, dont la fermeture est programmée depuis un an. Les salariés réclament notamment une prime extra-légale de licenciement de 21 000 euros, semblable à ce qu'avaient touché leurs collègues d'une autre usine Sodimatex fermée en 2006.
Des conditions «loyales» de négociations ont été trouvées, selon l'avocate des salariés, Me Caroline Substelny. Mais «il n'y a pas de négociations sur les montants pour le moment» a toutefois souligné l'avocat de la direction, Me François Farmine, qui indique en creux que si «le fil du dialogue» a repris, beaucoup reste à faire.
«On a bien précisé à notre préfet qu'on débranche juste le détonateur»
Deux commissaires aux comptes, un désigné par la direction et l'autre par le comité d'entreprise, doivent éplucher les comptes du groupe et se prononcer sur les demandes des salariés en matière d'indemnités de départ, a indiqué Hervé Mallet (FO), de l'intersyndicale. Un conciliateur recueillera les avis de ces deux commissaires et rendra ses conclusions que l'Etat s'est «engagé à favoriser», selon Hervé Mallet.
A plusieurs reprises depuis jeudi, les salariés en colère ont fait brûler des balles de fibres de plastique et des rouleaux de moquette qui dégageaient d'impressionnants panaches de fumée noire à l'extérieur de l'usine. Ils s'étaient retranchés dans l'usine après une intervention des forces de l'ordre qui avaient dispersé à l'aide de gaz lacrymogène une manifestation aux abords du site. Plusieurs dizaines de CRS étaient encore postés autour du site vendredi soir.
Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a condamné «l'attitude inacceptable d'une minorité», appelant l'ensemble des parties à une réunion de conciliation.
Source Le Parisien.
03.04.2010
Trêve pascale entre les salariés et la direction de Sodimatex à Crépy-en-Valois (Oise). Vers 3h20, cette nuit, un accord de méthode a fini par être conclu. Les négociations sur le fond doivent reprendre mercredi en sous-préfecture de Senlis.
Les employés, qui s'étaient retranchés dans l'usine jeudi, menaçaient de faire exploser une citerne de gaz dans leur usine, dans le but d'obtenir de meilleures indemnités de départ.
«Ce n'est pas fini, a prévenu Patrick Testar (CFDT), de l'intersyndicale. Si mercredi on n'arrive pas à des avancées positives, on a bien précisé à notre préfet qu'on débranche juste le détonateur, c'est tout.» Une vingtaine de salariés ont passé une deuxième nuit sur place, avant une réunion prévue ce samedi.
Le maire de la ville, Arnaud Foubert (UMP), qui craignait un «acte désespéré», n'a pas caché samedi son soulagement de voir s'éloigner au moins provisoirement le spectre de l'explosion de cette citerne de près de cinq mètres de long, que les salariés menaçaient d'incendier depuis jeudi.
Des conditions «loyales» de négociations
Vendredi, peu avant 20 heures, les salariés avaient quitté très en colère la table de négociations entamées à la mi-journée. Ils ont finalement repris les discussions vers 22 heures, avant de trouver un accord fixant le cadre des négociations. L'enjeu de fond : les conditions de départ des 92 salariés du site, dont la fermeture est programmée depuis un an. Les salariés réclament notamment une prime extra-légale de licenciement de 21 000 euros, semblable à ce qu'avaient touché leurs collègues d'une autre usine Sodimatex fermée en 2006.
Des conditions «loyales» de négociations ont été trouvées, selon l'avocate des salariés, Me Caroline Substelny. Mais «il n'y a pas de négociations sur les montants pour le moment» a toutefois souligné l'avocat de la direction, Me François Farmine, qui indique en creux que si «le fil du dialogue» a repris, beaucoup reste à faire.
«On a bien précisé à notre préfet qu'on débranche juste le détonateur»
Deux commissaires aux comptes, un désigné par la direction et l'autre par le comité d'entreprise, doivent éplucher les comptes du groupe et se prononcer sur les demandes des salariés en matière d'indemnités de départ, a indiqué Hervé Mallet (FO), de l'intersyndicale. Un conciliateur recueillera les avis de ces deux commissaires et rendra ses conclusions que l'Etat s'est «engagé à favoriser», selon Hervé Mallet.
A plusieurs reprises depuis jeudi, les salariés en colère ont fait brûler des balles de fibres de plastique et des rouleaux de moquette qui dégageaient d'impressionnants panaches de fumée noire à l'extérieur de l'usine. Ils s'étaient retranchés dans l'usine après une intervention des forces de l'ordre qui avaient dispersé à l'aide de gaz lacrymogène une manifestation aux abords du site. Plusieurs dizaines de CRS étaient encore postés autour du site vendredi soir.
Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi a condamné «l'attitude inacceptable d'une minorité», appelant l'ensemble des parties à une réunion de conciliation.
Source Le Parisien.
Grèce: revendication de l'attaque incendiaire contre l'Emporiki Bank
Un inconnu a revendiqué l'attaque incendiaire contre la banque Emporiki, survenue à Salonique le 29 mars dernier. La revendication a été transmise via un appel au quotidien grec Eleutherotupia. Le texte de la revendication:
"Les terroristes sont les banques et les capitalistes. Libération immédiate d'Alfredo Bonanno, dont l'incarcération équivaut à une peine de mort étant donné son âge (73 ans) et son état de santé. Liberté pour C.Stratigopoulos, Dimitrakis et Voutsis-Vogsiazis.
Que les feux illuminent nos larmes asséchées par le meurtre du compagnon Lambros Fountas."
Source Eleutherotupia, 31.03.10
Traduit depuis Informa-Azione.
"Les terroristes sont les banques et les capitalistes. Libération immédiate d'Alfredo Bonanno, dont l'incarcération équivaut à une peine de mort étant donné son âge (73 ans) et son état de santé. Liberté pour C.Stratigopoulos, Dimitrakis et Voutsis-Vogsiazis.
Que les feux illuminent nos larmes asséchées par le meurtre du compagnon Lambros Fountas."
Source Eleutherotupia, 31.03.10
Traduit depuis Informa-Azione.
vendredi 2 avril 2010
Schaerbeek (Bruxelles - Belgique): une paroisse grecque maculée de peinture
"Mardi soir 30 mars, nous avons rendu visite à la Paroisse orthodoxe grecque Sainte-Marina à Schaerbeek (Bruxelles - Belgique); patriarcat œcuménique de Constantinople, archevêché de Belgique. La façade a été redécorée avec de la peinture rouge et ce slogan est apparu: "L'état et l'église tuent et enferment." "
http://nantes.indymedia.org/article/20268
http://nantes.indymedia.org/article/20268
Bruxelles - Troubles à Cureghem
Plusieurs patrouilles de la police de la zone Bruxelles-Midi ont été dépêchées dans la nuit de jeudi à vendredi place Lemmens à Anderlecht. Elles ont notamment constaté la présence de bouteilles en verre remplies d’essence, de pavés et de bidons d’huile, a révélé vendredi le parquet de Bruxelles. Vers 23h30, une première équipe de la zone Bruxelles-Midi, avec l’appui de la police fédérale, s’est rendue place Lemmens à Anderlecht après un appel anonyme signalant un rassemblement de jeunes saccageant une boîte électrique de l’éclairage public. Quand les patrouilleurs sont arrivés, les jeunes ont quitté la place dans toutes les directions. Certains portaient une cagoule ou cachaient leur visage dans leur écharpe. Au cours d’une poursuite, six personnes ont été interpellées, dont quatre arrêtées administrativement. Deux jeunes de 19 ans ont été mis à la disposition du parquet pour tentative d’attentat.
Et de deux...
Plus tard, un riverain a appelé une autre patrouille pour des jeunes préparant des cocktails molotov. Toujours place Lemmens, deux bidons d’essence, un sac plastique contenant des bouteilles en verre remplies d’essence, un chalumeau et une cagoule ont été retrouvés. Les agents ont constaté la présence de 25 pneus à l’arrière d’un bâtiment tout proche.
Et de trois...
La troisième patrouille de police, dépêchée vers 1 heures du matin, a d’abord constaté, l’état très glissant des routes environnant la place Lemmens, celles-ci étant aspergées d’huile. Lors de la fouille des lieux, des pavés, des bidons d’huile de 5 litres, un bidon d’essence et des bouts de bois ont été découverts.
2/04/2010 http://www.rtlinfo.be/info/votre_region/bruxelles/318392/anderlecht-des-jeunes-preparaient-des-cocktails-molotov
Et de deux...
Plus tard, un riverain a appelé une autre patrouille pour des jeunes préparant des cocktails molotov. Toujours place Lemmens, deux bidons d’essence, un sac plastique contenant des bouteilles en verre remplies d’essence, un chalumeau et une cagoule ont été retrouvés. Les agents ont constaté la présence de 25 pneus à l’arrière d’un bâtiment tout proche.
Et de trois...
La troisième patrouille de police, dépêchée vers 1 heures du matin, a d’abord constaté, l’état très glissant des routes environnant la place Lemmens, celles-ci étant aspergées d’huile. Lors de la fouille des lieux, des pavés, des bidons d’huile de 5 litres, un bidon d’essence et des bouts de bois ont été découverts.
2/04/2010 http://www.rtlinfo.be/info/votre_region/bruxelles/318392/anderlecht-des-jeunes-preparaient-des-cocktails-molotov
Belgique - Agence immobilière attaquée à Louvain
"Dimanche dernier, toutes les vitrines d’une agence immobilière Century 21 sur le coin du Dirk boutslaan et le Lei (à Louvain) ont été détruites.
"Contre Tobback et la taule !" était le slogan peint en face de cette agence."
[Tobback est le maire-pape socialiste de la ville de Louvain]
31.03.2010 Traduit de http://ovl.indymedia.org/news/2010/03/29886_comment.php#29888
"Contre Tobback et la taule !" était le slogan peint en face de cette agence."
[Tobback est le maire-pape socialiste de la ville de Louvain]
31.03.2010 Traduit de http://ovl.indymedia.org/news/2010/03/29886_comment.php#29888
Ultimatum à Crépy-en-Valois : les Sodimatex prêts à allumer la mèche

La tension est montée d’un cran vers 10 heures, vendredi, sur le site de l’usine de moquettes pour automobiles Sodimatex, à Crépy-en-Valois (Oise), lorsque les salariés qui occupent les lieux depuis jeudi soir ont appris que la table-ronde qu’ils espéraient devrait être repoussée en soirée. Finalement, alors que les esprits commençaient à s’échauffer, cette réunion a finalement été annoncée pour la fin de matinée.
Depuis la veille, une quarantaine de salariés se sont retranchés et menacent de faire sauter une citerne de gaz pour réclamer un meilleur plan social après la fermeture programmée de leur entreprise. En tout début de journée vendredi, ils ont même installé une petite bonbonne de gaz agrémentée d’un dispositif incendiaire, sur le toit de l’usine, à l’aplomb de la grosse citerne de gaz, elle-même entourée de palettes prêtes à être enflammées. Puis, à l’annonce de l’éventuel report de la table-ronde, ils ont carrément incendié une benne à ordures très proche des locaux de l’entreprise et se disent être en mesure de déclencher à distance l’explosion de la citerne et ont déployé des draps et des rouleaux de moquette pour empêcher les forces de l’ordre d’observer leurs mouvements. Les pompiers, protégés par les gardes mobiles, sont intervenus pour circonscrire l’incendie.
Tandis que l’adjoint au maire, Bruno Fortier tentait de calmer les esprits, les salariés ont finalement appris que la réunion serait à nouveau prévue en fin de matinée. Cette table ronde cruciale doit se tenir sous l’égide du préfet. Selon Bruno Fortier, cette réunion à laquelle il devrait assister réunirait les avocats des deux parties (de l’employeur et du comité d’entreprise), six délégués du personnel et un conciliateur. Bernard Trèves, PDG du groupe Trèves, qui a racheté l’usine dans les années 1990, pourrait également être présent de même que la directrice des ressources humaines.
Certains salariés ont dormi à même les gros rouleaux de moquette, d’autres ont veillé tard sur quelques chaises à discuter de leur sort. La fermeture de l’usine, qui emploie 92 salariés, a été annoncée le 10 avril 2009. Depuis, les négociations sur le plan social entre la direction et les salariés ont échoué.
«On n’est pas des voyous» (sic)
Jeudi soir, les Sodimatex ont expliqué avoir installé des palettes autour de la citerne de gaz extérieure qui sert à alimenter leurs charriots élévateurs et se sont dits prêts à y mettre le feu pour la faire sauter. En désespoir de cause, cette citerne est devenue leur dernier moyen de pression pour tenter de négocier avec leur patron un plan social digne de ce nom.
«On n’est pas des voyous, on est des êtres humains. Fatigués, dépités, déprimés mais toujours motivés», lance François Heindryckx, 42 ans, dont 21 chez Sodimatex. Avec ses collègues, il repasse le film de cette journée de jeudi qui devait être «une petite grève symbolique» et s’est terminée en camp retranché.
Mardi, «on nous a envoyé un conciliateur qui a proposé une prime de 15'000 euros», explique son collègue Fabrice Bel, 32 ans dont 10 ans de maison. Pour les ouvriers de Crépy, pas question de partir avec moins que leurs collègues d’une autre usine Sodimatex, liquidée en 2006, qui avaient obtenu 21'000 euros en plus des indemnités légales.
«Ils ont envoyé les gendarmes mobiles»
«Ce qui a déclenché tout le bordel, c’est quand ils ont envoyé les gendarmes mobiles», lance Fabrice Bel. À la mi-journée, les salariés ont occupé le rond-point devant l’établissement, mais quand les gendarmes mobiles sont arrivés pour les dégager, ils se sont enfermés dans l’usine, barricadant l’entrée. Puis, ils ont menacé de faire sauter la citerne. Le patron des gendarmes de l’Oise, le colonel Ronan Le Floc’h s’est rendu sur place. La situation qui était particulièrement tendue s’est légèrement apaisée dans la soirée.
«Je pensais jamais en arriver à ce point-là», lâche Jean-François Nicol, qui comptait sur la relance du secteur équipementier pour élever bon an mal an ses trois enfants, dont le plus âgé a 11 ans.
Les Sodimatex ont commencé à avoir des soutiens et notamment celui, jeudi soir vers à 21 heures de Xavier Mathieu, leader charismatique des Continental, venu soutenir leur action. Un peu plus tôt dans la soirée, la mairie de Crépy-en-Valois avait ravitaillé les ouvriers en victuailles pour tenir toute la nuit. Vendredi matin, tous attendent et espèrent que la situation pourra évoluer positivement grâce à la table ronde.
Le Parisien, 2 avril 2010
______________________________________
Sodimatex : des cocktails Molotov disposés autour de la citerne de gaz
Des salariés de l’équipementier automobile Sodimatex de Crépy-en-Valois (Oise) ont placé vendredi matin des cocktails Molotov autour d’une citerne de gaz qu’ils menacent de faire exploser pour réclamer de meilleures indemnités de licenciement, a constaté l’AFP.
Une table-ronde sur le plan social touchant cette usine de 92 salariés, réunissant notamment les représentants des salariés et la direction du groupe Trèves, propriétaire de Sodimatex, ainsi que le directeur départemental du Travail, doit se tenir à 12H30 à la mairie de Crépy-en-Valois, selon les salariés et la préfecture.
Les salariés «attendent beaucoup de la réunion. Il faut qu’on ressorte avec du concret, sinon je ne garantis rien. Ils sont déterminés», a déclaré Éric Lemoine, de la CFDT. «Ou on sort avec quelque chose qui convient, on déroule la procédure et au revoir, ou je ne sais pas… il y a la bombonne… Là, c’est tendu», a-t-il averti.
«Même si on leur dit de ne pas le faire (d’allumer la citerne, NDLR), y’en a qui sont ingérables», a quant à lui expliqué Gérard Decleir, syndicaliste Force ouvrière.
Selon des salariés, la citerne, dont le gaz sert à faire fonctionner les chariots élévateurs, a été approvisionnée il y a peu. «Si ça pète, ça soufflera pas que l’usine. Tant pis, s’ils veulent en arriver là», affirment-ils.
Les salariés faisaient brûler des balles de fibres de plastique et des rouleaux de moquette à l’extérieur de l’usine qui dégageaient d’impressionnants panaches de fumée noire.
Déterminés à ne pas se laisser «attaquer», certains ont placé sur le toit de l’usine des cocktails molotov, preuve de leur «détermination».
Les forces de l’ordre étaient toujours positionnées autour de l’usine, et les salariés obstruaient les grilles avec des rouleaux de moquette pour les empêcher de voir dans l’enceinte du site.
Les salariés de l’usine, dont la fermeture est programmée, réclament notamment 21'000 euros de prime extra-légale pour tous.
Le secrétaire d’État au Logement Benoist Apparu a dénoncé vendredi le «chantage» exercé par les salariés de l’équipementier automobile.
«Je n’ai jamais compris le chantage dans le dialogue social. C’est totalement contradictoire !», a déclaré M. Apparu sur i-télé, réagissant aux propos d’un délégué CGT.
«Il y a en France des tribunaux qui sont là pour arbitrer entre des syndicalistes et des salariés qui ne sont pas contents, et des patrons qui ne font pas respecter le dialogue social», a-t-il fait valoir.
«Ça c’est le droit, ça c’est la France, ça c’est une démocratie. Mais dire : “je vais faire sauter (l’usine, ndlr) si j’ai pas mes 20'000 euros”, ce n’est pas une démocratie», a-t-il ajouté. (t'as tout compris couillon !)
(AFP), 2 avril 2010.
Repris du Jura Libertaire.
Des salariés menacent de faire sauter leur usine dans l'Oise
Des salariés de l'usine Sodimatex, située à Crépy-en-Valois (Oise), menacent de faire sauter leur usine, jeudi 1er avril au soir. Ils protestent contre les conditions de départ proposés par leur employeur, qui a annoncé il y a plus d'un an la fermeture du site, selon Le Parisien.fr. L'usine Sodimatex, qui emploie 92 salariés, produit des moquettes pour automobile.
Selon le site Internet, les grévistes occupaient depuis la mi-journée le rond-point situé devant leur entreprise. A l'arrivée des CRS, ils auraient décidé de se retrancher dans leur usine, menaçant depuis de faire sauter une citerne à gaz. Selon Le Parisien.fr, ils réclament le retrait des forces de l'ordre et l'ouverture de négociations avec la direction.
Le groupe Trèves, propriétaire de l'usine, a annoncé le 19 avril 2009 la fermeture du site et sa délocalisation vers Cambrai (Nord). La justice a annulé en janvier cette décision de fermeture, mais depuis, les salariés n'auraient reçu aucune information de leur direction, selon un syndicaliste interrogé par Le Courrier picard.
LEMONDE.FR | 01.04.10
___________________________________
Une soixantaine d'employés de l'équipementier automobile Sodimatex, dont le propriétaire a décidé la fermeture, sont retranchés depuis jeudi après-midi dans leur usine et menaçent de mettre le feu à une citerne de gaz.
Une soixantaine de salariés de l'équipementier automobile Sodimatex, dont le propriétaire a décidé la fermeture, sont retranchés depuis cet après-midi dans leur usine de Crépy-en-Valois, dans l'Oise, et menaçent de mettre le feu à une citerne de gaz, a-t-on appris auprès de la gendarmerie, confirmant une information du site Parisien.fr.
Un escadron de gendarmes mobiles a été déployé autour de l'usine. Après avoir été délogés jeudi matin d'un rond-point qu'ils occupaient, les salariés se sont retranchés vers 15 heures dans leur usine.
«Ils déclarent vouloir incendier une citerne de gaz. Ils souhaitent que le plan social soit augmenté, a indiqué la préfecture. Ils réclament que des négociations se rouvrent avec la direction. L'Etat joue son rôle de médiateur».
La citerne, de quatre à cinq mètres de long, située à l'extérieur de l'usine, est entourée de palettes «prêtes à être allumées», selon les salariés.
La préfecture a indiqué travailler à une réunion de négociation «si possible dès jeudi soir». «On ne sait pas comment ça va se finir. Les gens sont déterminés», a déclaré Eric Lemoine, de la CFDT de l'usine. «Les gens commencent à craquer», selon lui.
Une prime extra-légale de 21.000 euros par salarié
La fermeture de l'usine, qui emploie 92 salariés, a été annoncée le 10 avril 2009. Depuis, les négociations sur le plan social entre la direction et les salariés ont échoué, malgré une médiation de l'Etat. Les représentants des salariés ont été reçus début février à l'Elysée par un conseiller du chef de l'Etat, selon M. Lemoine. «Il devait nous donner des nouvelles. On attend toujours», a-t-il déploré. Les salariés de Sodimatex réclament notamment une prime extra-légale de 21.000 euros par salarié.
Ils avaient manifesté jeudi matin aux abords de l'usine, bloquant les accès à une importante zone industrielle et à la plate-forme logistique de Crépy-en-Valois. Selon la préfecture, ils ont refusé une table ronde pour dire leurs revendications et ont maintenu les blocages.
«Les gendarmes sont intervenus. Ils ont rétabli les conditions de circulation permettant aux entreprises de fonctionner», toujours selon la préfecture, qui a précisé que la direction de Sodimatex «n'a pas requis d'intervention des autorités».
Les gendarmes mobiles sont intervenus en utilisant des gaz lacrymogènes, ce qui a été ressenti par les salariés comme «une véritable agression», a déclaré à l'AFP Alain Lebrun, secrétaire général de l'Union départementale CGT de l'Oise.
«Les salariés demandent que la direction vienne à la table des négociations, mais pas les mains vides», a-t-il affirmé.
Selon lui, le groupe Trèves, propriétaire de Sodimatex, a touché 55 millions d'euros de l'Etat dans le cadre du plan d'aide aux équipementiers automobiles. «Aujourd'hui, on veut laisser les salariés partir avec le minimum légal», a-t-il dénoncé. Xavier Mathieu, le leader CGT des salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise), est venu apporter son soutien jeudi soir «à des frères de lutte».
Le Figaro
Selon le site Internet, les grévistes occupaient depuis la mi-journée le rond-point situé devant leur entreprise. A l'arrivée des CRS, ils auraient décidé de se retrancher dans leur usine, menaçant depuis de faire sauter une citerne à gaz. Selon Le Parisien.fr, ils réclament le retrait des forces de l'ordre et l'ouverture de négociations avec la direction.
Le groupe Trèves, propriétaire de l'usine, a annoncé le 19 avril 2009 la fermeture du site et sa délocalisation vers Cambrai (Nord). La justice a annulé en janvier cette décision de fermeture, mais depuis, les salariés n'auraient reçu aucune information de leur direction, selon un syndicaliste interrogé par Le Courrier picard.
LEMONDE.FR | 01.04.10
___________________________________
Une soixantaine d'employés de l'équipementier automobile Sodimatex, dont le propriétaire a décidé la fermeture, sont retranchés depuis jeudi après-midi dans leur usine et menaçent de mettre le feu à une citerne de gaz.
Une soixantaine de salariés de l'équipementier automobile Sodimatex, dont le propriétaire a décidé la fermeture, sont retranchés depuis cet après-midi dans leur usine de Crépy-en-Valois, dans l'Oise, et menaçent de mettre le feu à une citerne de gaz, a-t-on appris auprès de la gendarmerie, confirmant une information du site Parisien.fr.
Un escadron de gendarmes mobiles a été déployé autour de l'usine. Après avoir été délogés jeudi matin d'un rond-point qu'ils occupaient, les salariés se sont retranchés vers 15 heures dans leur usine.
«Ils déclarent vouloir incendier une citerne de gaz. Ils souhaitent que le plan social soit augmenté, a indiqué la préfecture. Ils réclament que des négociations se rouvrent avec la direction. L'Etat joue son rôle de médiateur».
La citerne, de quatre à cinq mètres de long, située à l'extérieur de l'usine, est entourée de palettes «prêtes à être allumées», selon les salariés.
La préfecture a indiqué travailler à une réunion de négociation «si possible dès jeudi soir». «On ne sait pas comment ça va se finir. Les gens sont déterminés», a déclaré Eric Lemoine, de la CFDT de l'usine. «Les gens commencent à craquer», selon lui.
Une prime extra-légale de 21.000 euros par salarié
La fermeture de l'usine, qui emploie 92 salariés, a été annoncée le 10 avril 2009. Depuis, les négociations sur le plan social entre la direction et les salariés ont échoué, malgré une médiation de l'Etat. Les représentants des salariés ont été reçus début février à l'Elysée par un conseiller du chef de l'Etat, selon M. Lemoine. «Il devait nous donner des nouvelles. On attend toujours», a-t-il déploré. Les salariés de Sodimatex réclament notamment une prime extra-légale de 21.000 euros par salarié.
Ils avaient manifesté jeudi matin aux abords de l'usine, bloquant les accès à une importante zone industrielle et à la plate-forme logistique de Crépy-en-Valois. Selon la préfecture, ils ont refusé une table ronde pour dire leurs revendications et ont maintenu les blocages.
«Les gendarmes sont intervenus. Ils ont rétabli les conditions de circulation permettant aux entreprises de fonctionner», toujours selon la préfecture, qui a précisé que la direction de Sodimatex «n'a pas requis d'intervention des autorités».
Les gendarmes mobiles sont intervenus en utilisant des gaz lacrymogènes, ce qui a été ressenti par les salariés comme «une véritable agression», a déclaré à l'AFP Alain Lebrun, secrétaire général de l'Union départementale CGT de l'Oise.
«Les salariés demandent que la direction vienne à la table des négociations, mais pas les mains vides», a-t-il affirmé.
Selon lui, le groupe Trèves, propriétaire de Sodimatex, a touché 55 millions d'euros de l'Etat dans le cadre du plan d'aide aux équipementiers automobiles. «Aujourd'hui, on veut laisser les salariés partir avec le minimum légal», a-t-il dénoncé. Xavier Mathieu, le leader CGT des salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise), est venu apporter son soutien jeudi soir «à des frères de lutte».
Le Figaro
jeudi 1 avril 2010
Nouvelle loi sur les expulsions

Éric Besson veut faciliter l'expulsion des sans-papiers
Éric Besson présentait ce mercredi son projet de loi sur l'«immigration, l'intégration et la nationalité» qui transpose notamment des directives de Bruxelles. «La France est une terre d'accueil de l'immigration, avec 170 000 entrées légales d'étrangers chaque année. Mais elle doit rester une terre d'intégration», a expliqué le ministre. Justifiant ainsi un projet en trois volets : durcissement des procédures d'éloignement des sans-papiers, sanctions contre leurs employeurs, et mesures pour récompenser l'intégration.
À ce jour, beaucoup de sans-papiers frappés par une mesure de reconduite à la frontière se voient libérés par le juge des libertés (juge judiciaire) sur des vices de procédure, avant même d'avoir été entendus sur le fond du dossier par le juge administratif. D'autres finissent par être relâchés de guerre lasse, faute d'obtenir un laisser-passer du pays d'origine. Au total, sur 100 000 étrangers placés en centre de rétention, moins de 30 000 quittent le pays.
Besson entend «simplifier» les reconduites et rendre l'intervention des juges «plus cohérente» en donnant la priorité au juge administratif (JA), au détriment du judiciaire. Si la loi est votée, le JA interviendra le premier et pourra valider la reconduite avant même que le sans-papiers rencontre, le 5e jour, le juge des libertés.
Les associations de défense des immigrés redoutent de voir les droits bafoués. «Les nombreuses annulations sont le fruit de la politique du chiffre : on arrête à la va-vite, sans respecter les règles, ou des personnes pratiquement inexpulsables», dénonce Julien Poncet de Forum Réfugiés. «Il est logique que les tribunaux finissent par les relâcher. Ce n'est pas du laxisme.»
La durée maximun de rétention sera, elle, allongée de 32 à 45 jours, pour maximiser la possibilité d'obtenir un laisser-passer et «respecter les délais de réintégration dans les pays d'origine négociés par l'Union européenne», explique-t-on chez Éric Besson. «Même ainsi, la France restera le pays européen dont la durée de rétention est la plus courte», tempère le ministre.
Zones d'attente provisoires
Enfin, le projet de loi prévoit la création de zones d'attente provisoires, pour faire face à l'arrivée massive de ressortissants étrangers, comme ceux échoués sur une plage corse il y a quelques mois. Ces zones fonctionneront comme celles des gares ou des aéroports. Les sans-papiers y seront retenus le temps que soit examinée leur situation. L'administration pourra assortir la reconduite d'un interdit de revenir dans l'Union européenne pendant cinq ans. Besson compte aussi sur des sanctions accrues envers les employeurs pour tarir l'immigration clandestine. Le donneur d'ordre sera considéré comme responsable, même s'il est passé par un intermédiaire ou un sous-traitant. Tous devront pouvoir présenter une copie de l'autorisation de séjour de leurs salariés. En cas de condamnation, l'administration pourra exclure l'entreprise des appels d'offres publics et imposer le remboursement des aides publiques reçues.
Source Le Figaro
mercredi 31 mars 2010
1.100 policiers blessés en deux mois
30/03/2010
INFO FIGARO - Une note interne de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) portée à la connaissance du Figaro, montre que le rythme des attaques visant l'uniforme a atteint un nouveau seuil.
«Sur l'ensemble du territoire, au cours deux premiers mois de 2010, 1.100 policiers ont été blessés en action, dans le cadre d'un maintien ou d'un service d'ordre et dans un contexte de violences urbaine» : édifiant, ce bilan émane d'une note interne de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) portée à la connaissance du Figaro. Intitulée «Les policiers de la sécurité publique en première ligne», elle montre que le rythme des attaques visant l'uniforme a atteint un nouveau seuil, et reste très soutenu ces dernières semaines.
Ainsi, le 13 mars, une patrouille à Sin-le-Noble (Nord) a été caillassée : un policier, touché à l'oreille droite, «pourrait souffrir de troubles importants et irréversibles de l'audition». Le 22 mars à Creil (Oise), des policiers du commissariat local ont été encerclés par une «quarantaine d' individus très hostiles» qui les ont frappé, «tentant de saisir leurs armes administratives». Le même jour à Strasbourg (Bas-Rhin), des tirs de mortiers d'artifice avaient visé une voiture de la sécurité publique ainsi un «bureau de police» tandis qu'à Trappes (Yvelines) un équipage de police secours était la cible «une multitude de jets de projectiles (pierres, bouteilles en verre) de la part d'un attroupement d'une quarantaine d'individus». Le lendemain, à Liévin (Pas-de-Calais), un bloc de béton a été jeté au passage d'«véhicule administratif». Les auteurs du guet-apens avaient «obstrué la chaussée de divers détritus». Au total, une quinzaine d'attaques et d'embuscades sont ainsi énumérées depuis le début mars.
5.358 policiers ont été blessés en 2009
Comme le précise la note interne de la DCSP, «la sécurité publique ne faiblit pas dans son action quotidienne au cœur des quartiers sensibles». Les policiers, lorsqu' «ils interviennent pour interpeller des délinquants de proximité, des incendiaires, pour mettre fin à des attroupements entre bandes ou dans le cadre de leur activité de routine, ils sont régulièrement confrontés à des individus insultants et outrageants mais également violents qui n'hésitent pas à se regrouper pour prendre à partie les policiers».
Pas moins de 5.358 policiers ont été blessés en mission en 2009, soit déjà une augmentation de 4,42% par rapport à l'année précédente. «Personne ne peut plus dire que la police n'ose pas aller dans tous les quartiers, quel qu'en soit le prix», conclut-on à la Direction centrale de la sécurité publique.
INFO FIGARO - Une note interne de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) portée à la connaissance du Figaro, montre que le rythme des attaques visant l'uniforme a atteint un nouveau seuil.
«Sur l'ensemble du territoire, au cours deux premiers mois de 2010, 1.100 policiers ont été blessés en action, dans le cadre d'un maintien ou d'un service d'ordre et dans un contexte de violences urbaine» : édifiant, ce bilan émane d'une note interne de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) portée à la connaissance du Figaro. Intitulée «Les policiers de la sécurité publique en première ligne», elle montre que le rythme des attaques visant l'uniforme a atteint un nouveau seuil, et reste très soutenu ces dernières semaines.
Ainsi, le 13 mars, une patrouille à Sin-le-Noble (Nord) a été caillassée : un policier, touché à l'oreille droite, «pourrait souffrir de troubles importants et irréversibles de l'audition». Le 22 mars à Creil (Oise), des policiers du commissariat local ont été encerclés par une «quarantaine d' individus très hostiles» qui les ont frappé, «tentant de saisir leurs armes administratives». Le même jour à Strasbourg (Bas-Rhin), des tirs de mortiers d'artifice avaient visé une voiture de la sécurité publique ainsi un «bureau de police» tandis qu'à Trappes (Yvelines) un équipage de police secours était la cible «une multitude de jets de projectiles (pierres, bouteilles en verre) de la part d'un attroupement d'une quarantaine d'individus». Le lendemain, à Liévin (Pas-de-Calais), un bloc de béton a été jeté au passage d'«véhicule administratif». Les auteurs du guet-apens avaient «obstrué la chaussée de divers détritus». Au total, une quinzaine d'attaques et d'embuscades sont ainsi énumérées depuis le début mars.
5.358 policiers ont été blessés en 2009
Comme le précise la note interne de la DCSP, «la sécurité publique ne faiblit pas dans son action quotidienne au cœur des quartiers sensibles». Les policiers, lorsqu' «ils interviennent pour interpeller des délinquants de proximité, des incendiaires, pour mettre fin à des attroupements entre bandes ou dans le cadre de leur activité de routine, ils sont régulièrement confrontés à des individus insultants et outrageants mais également violents qui n'hésitent pas à se regrouper pour prendre à partie les policiers».
Pas moins de 5.358 policiers ont été blessés en mission en 2009, soit déjà une augmentation de 4,42% par rapport à l'année précédente. «Personne ne peut plus dire que la police n'ose pas aller dans tous les quartiers, quel qu'en soit le prix», conclut-on à la Direction centrale de la sécurité publique.
In The Most Free State of the World / Nello Stato più libero del mondo
In The Most Free State of the World
Since 1945, they want us to believe that the most serene freedom has arisen in our lifetime; now that housewives have access to all the best household appliances, now that almost everyone has the right to vote, now that “freedom” of speech is guaranteed by the democratic institutions, now that we are left with the listing of false choices- between exploiting or being exploited for nothing at all, and without trying to understand why, threatened to be quashed. Our anxiety and our thirst for liberty do not falter, though that is what it’s all about when the State parrots out its ideas of freedom, democratic and industrial progress.
But here and there, the social peace is sometimes weakened, its necessity reappraised, its capacity to become fashionable evacuated in aid of the rage it provokes to who this social peace can not live down the misery of a permanent existence as the prey of the State. Pigs are attacked and hated in some neighbourhoods that civil tranquillity describes as “sensitive”, the social big brothers can not contain the rage of exploited people seeking for meaning, unemployed people do not accept their lives as a nightmare of subsistence, pupils make barricades against forces of law and order while workers threaten to blow up their fucking factories, sans-papier people rebel all over the country by setting fire to their prisons or escaping from police raids, some other people try to make the lives into hell for those who make a profit of deportation and the prison system. More and more mutineers attempt to take revenge on these who benefit from domination.
In 2005, some suburbs explode with rage and jeopardise the Order. More than a year ago, it’s Vincennes Detention Centre, the biggest prison for migrants in France that goes up in smoke, ignited by the rage of life with no life. Since several years, the sabotages and attacks increase against imprisonment collaborators (Bouygues, Eiffage, IBIS, Air France, ADECCO, the Red-Cross and other vultures who participate to the deportation machine). More recently, dozen of bank ATMs (that were responsible for sans-papiers arrests, organizing ambushes with cops to their unwanted clients: La Poste, BNP, LCL, CIC, Société Générale) were burnt, smashed, sabotaged.
Ten people are accused of the Vincennes centre arson, and have been found guilty, facing several years of prison.
On February 15th, four people, among those called by the cops “anarcho-autonomes”, are arrested by the Anti-Terrorist Section of the Criminal Brigade, and accused of having participated in a wave of solidarity against Detention Centres and their shit Brave New World. It’s still the State showing its nasty face, hoping to see us submit to the bloody pacification it imposes us, with cops, prison, torture, murders, judges, borders, guards and nice tidy smiles.
In fact, through repression, the State wishes to slow down the diffusion of permanent attacks that badly shake it. It wishes to attribute to some dreamed up social groups (like ‘ultra-gauche’ ones, the ’suburban youth’, the ‘gangs’, the ’saboteur’, and so on…) some acts, already spread though in the whole society, in order to confine them, aware that the spreading of these practices would be fatal to it.
But there’s nothing to cry over. Because in this social war with no truce, we will not turn the other cheek!
Let’s make sure the revolt uproar will beat down on this shitty world!
[Leaflet found in some streets of Paris, March 2010]
Translated from French.
_________________________________________________
Nello Stato più libero del mondo
Fin dal 1945 vogliono farci credere che sulla nostra vita regni la più serena delle libertà, ora che le massaie hanno a disposizione gli elettrodomestici più avanzati, ora che quasi tutti hanno diritto al voto, ora che la “libertà” d’espressione è garantita dalle istituzioni democratiche, ora che una serie di false scelte ci viene offerta fra lo sfruttare e il farsi sfruttare per niente, senza tentare di porci domande, pena l’essere domati. Eppure la nostra ansia e la sete di libertà non si assottigliano, è a questo che si riferiscono quando ci martellano le orecchie con le loro tiritere di libertà e di progresso democratico o industriale.
Ma qui e là la pace sociale viene talvolta scossa, la sua necessità rimessa in discussione, le sue capacità di diventare tendenza liquidate a beneficio della rabbia che essa provoca in coloro cui non riesce a far dimenticare la miseria di un’esistenza vissuta perennemente da selvaggina. Gli sbirri vengono attaccati e sono odiati nei quartieri che la pace sociale definisce “sensibili”, i fratelli maggiori sociali non riescono più a contenere la rabbia degli sfruttati in cerca di significato, i disoccupati non accettano più che la propria sopravvivenza continui ad essere un inferno, i liceali erigono barricate contro le forze dell’ordine mentre gli operai minacciano di far saltare la loro fabbrica merdosa, i clandestini si rivoltano in ogni angolo del paese appiccando fuoco alla loro prigione o sottraendosi alle retate, altri provano a rendere la vita impossibile a chi trae vantaggi dalle espulsioni e dal sistema carcerario, sempre più ribelli cercano di far pagare il conto a chi vorrebbe che il dominio dell’umano sull’umano continui a passare la sua lingua rugosa sui nostri corpi e sui nostri spiriti assassinati.
Nel 2005 le periferie esplosero di rabbia e misero l’ordine in difficoltà. Più di un anno fa il centro di detenzione di Vincennes, la più grande prigione per stranieri in Francia, è andato in fumo, acceso dalla rabbia di una vita senza vita. Da molti anni si moltiplicano le pratiche di sabotaggio e gli attacchi contro i diversi collaborazionisti della reclusione (Bouygues, Eiffage, IBIS, Air France, ADECCO, Croce Rossa e altri avvoltoi che partecipano alla macchina delle espulsioni). Più di recente sono stati incendiati, sfondati, sabotati decine e decine di sportelli automatici (bancari, postali, BNP, LCL, CIC, Société Générale) — responsabili degli arresti di clandestini, avendo organizzato con gli sbirri degli agguati ai loro clienti indesiderabili.
Dieci persone sono state accusate dell’incendio di Vincennes e vengono giudicate in questo momento in un processo perso in partenza in cui rischiano parecchi anni di galera. Il 15 febbraio quattro persone, definite dai sudici sbirri “anarco-autonomi”, sono state arrestate dalla sezione anti-terrorismo della brigata criminale con l’accusa di aver partecipato a questo movimento di solidarietà attorno ai centri di reclusione e al loro migliore mondo di merda. Lo Stato mostra sempre il suo volto cattivo sperando di vederci sottomessi alla pacificazione mortifera impostaci a suon di sbirri, di prigione, di tortura, di omicidi, di giudici, di frontiere, di secondini e di simpatici sorrisi di circostanza.
Di fatto, attraverso la repressione lo Stato spera di contenere la diffusione degli attacchi permanenti che lo scuotono con fragore, per di più attribuendo a gruppi sociali inventati di sana pianta (come «l’ultra-sinistra», i «giovani delle periferie», le «bande», i «sabotatori» e via di questo passo) delle pratiche diffuse dappertutto nella società, allo scopo di confinarle, consapevole che la loro generalizzazione gli sarebbe fatale.
Ma non c’è da piangere, perché in questa guerra sociale senza tregua nemmeno noi faremo regali.
Che il tumulto della rivolta si abbatta contro questo fottuto mondo di merda!
(Volantino trovato nelle strade di Parigi, marzo 2010)
Traduce del francese all’italiano a partire da Dans l’Etat le plus libre du monde
Since 1945, they want us to believe that the most serene freedom has arisen in our lifetime; now that housewives have access to all the best household appliances, now that almost everyone has the right to vote, now that “freedom” of speech is guaranteed by the democratic institutions, now that we are left with the listing of false choices- between exploiting or being exploited for nothing at all, and without trying to understand why, threatened to be quashed. Our anxiety and our thirst for liberty do not falter, though that is what it’s all about when the State parrots out its ideas of freedom, democratic and industrial progress.
But here and there, the social peace is sometimes weakened, its necessity reappraised, its capacity to become fashionable evacuated in aid of the rage it provokes to who this social peace can not live down the misery of a permanent existence as the prey of the State. Pigs are attacked and hated in some neighbourhoods that civil tranquillity describes as “sensitive”, the social big brothers can not contain the rage of exploited people seeking for meaning, unemployed people do not accept their lives as a nightmare of subsistence, pupils make barricades against forces of law and order while workers threaten to blow up their fucking factories, sans-papier people rebel all over the country by setting fire to their prisons or escaping from police raids, some other people try to make the lives into hell for those who make a profit of deportation and the prison system. More and more mutineers attempt to take revenge on these who benefit from domination.
In 2005, some suburbs explode with rage and jeopardise the Order. More than a year ago, it’s Vincennes Detention Centre, the biggest prison for migrants in France that goes up in smoke, ignited by the rage of life with no life. Since several years, the sabotages and attacks increase against imprisonment collaborators (Bouygues, Eiffage, IBIS, Air France, ADECCO, the Red-Cross and other vultures who participate to the deportation machine). More recently, dozen of bank ATMs (that were responsible for sans-papiers arrests, organizing ambushes with cops to their unwanted clients: La Poste, BNP, LCL, CIC, Société Générale) were burnt, smashed, sabotaged.
Ten people are accused of the Vincennes centre arson, and have been found guilty, facing several years of prison.
On February 15th, four people, among those called by the cops “anarcho-autonomes”, are arrested by the Anti-Terrorist Section of the Criminal Brigade, and accused of having participated in a wave of solidarity against Detention Centres and their shit Brave New World. It’s still the State showing its nasty face, hoping to see us submit to the bloody pacification it imposes us, with cops, prison, torture, murders, judges, borders, guards and nice tidy smiles.
In fact, through repression, the State wishes to slow down the diffusion of permanent attacks that badly shake it. It wishes to attribute to some dreamed up social groups (like ‘ultra-gauche’ ones, the ’suburban youth’, the ‘gangs’, the ’saboteur’, and so on…) some acts, already spread though in the whole society, in order to confine them, aware that the spreading of these practices would be fatal to it.
But there’s nothing to cry over. Because in this social war with no truce, we will not turn the other cheek!
Let’s make sure the revolt uproar will beat down on this shitty world!
[Leaflet found in some streets of Paris, March 2010]
Translated from French.
_________________________________________________
Nello Stato più libero del mondo
Fin dal 1945 vogliono farci credere che sulla nostra vita regni la più serena delle libertà, ora che le massaie hanno a disposizione gli elettrodomestici più avanzati, ora che quasi tutti hanno diritto al voto, ora che la “libertà” d’espressione è garantita dalle istituzioni democratiche, ora che una serie di false scelte ci viene offerta fra lo sfruttare e il farsi sfruttare per niente, senza tentare di porci domande, pena l’essere domati. Eppure la nostra ansia e la sete di libertà non si assottigliano, è a questo che si riferiscono quando ci martellano le orecchie con le loro tiritere di libertà e di progresso democratico o industriale.
Ma qui e là la pace sociale viene talvolta scossa, la sua necessità rimessa in discussione, le sue capacità di diventare tendenza liquidate a beneficio della rabbia che essa provoca in coloro cui non riesce a far dimenticare la miseria di un’esistenza vissuta perennemente da selvaggina. Gli sbirri vengono attaccati e sono odiati nei quartieri che la pace sociale definisce “sensibili”, i fratelli maggiori sociali non riescono più a contenere la rabbia degli sfruttati in cerca di significato, i disoccupati non accettano più che la propria sopravvivenza continui ad essere un inferno, i liceali erigono barricate contro le forze dell’ordine mentre gli operai minacciano di far saltare la loro fabbrica merdosa, i clandestini si rivoltano in ogni angolo del paese appiccando fuoco alla loro prigione o sottraendosi alle retate, altri provano a rendere la vita impossibile a chi trae vantaggi dalle espulsioni e dal sistema carcerario, sempre più ribelli cercano di far pagare il conto a chi vorrebbe che il dominio dell’umano sull’umano continui a passare la sua lingua rugosa sui nostri corpi e sui nostri spiriti assassinati.
Nel 2005 le periferie esplosero di rabbia e misero l’ordine in difficoltà. Più di un anno fa il centro di detenzione di Vincennes, la più grande prigione per stranieri in Francia, è andato in fumo, acceso dalla rabbia di una vita senza vita. Da molti anni si moltiplicano le pratiche di sabotaggio e gli attacchi contro i diversi collaborazionisti della reclusione (Bouygues, Eiffage, IBIS, Air France, ADECCO, Croce Rossa e altri avvoltoi che partecipano alla macchina delle espulsioni). Più di recente sono stati incendiati, sfondati, sabotati decine e decine di sportelli automatici (bancari, postali, BNP, LCL, CIC, Société Générale) — responsabili degli arresti di clandestini, avendo organizzato con gli sbirri degli agguati ai loro clienti indesiderabili.
Dieci persone sono state accusate dell’incendio di Vincennes e vengono giudicate in questo momento in un processo perso in partenza in cui rischiano parecchi anni di galera. Il 15 febbraio quattro persone, definite dai sudici sbirri “anarco-autonomi”, sono state arrestate dalla sezione anti-terrorismo della brigata criminale con l’accusa di aver partecipato a questo movimento di solidarietà attorno ai centri di reclusione e al loro migliore mondo di merda. Lo Stato mostra sempre il suo volto cattivo sperando di vederci sottomessi alla pacificazione mortifera impostaci a suon di sbirri, di prigione, di tortura, di omicidi, di giudici, di frontiere, di secondini e di simpatici sorrisi di circostanza.
Di fatto, attraverso la repressione lo Stato spera di contenere la diffusione degli attacchi permanenti che lo scuotono con fragore, per di più attribuendo a gruppi sociali inventati di sana pianta (come «l’ultra-sinistra», i «giovani delle periferie», le «bande», i «sabotatori» e via di questo passo) delle pratiche diffuse dappertutto nella società, allo scopo di confinarle, consapevole che la loro generalizzazione gli sarebbe fatale.
Ma non c’è da piangere, perché in questa guerra sociale senza tregua nemmeno noi faremo regali.
Che il tumulto della rivolta si abbatta contro questo fottuto mondo di merda!
(Volantino trovato nelle strade di Parigi, marzo 2010)
Traduce del francese all’italiano a partire da Dans l’Etat le plus libre du monde
Comme une lettre à la Poste - Pour un questionnement sur les colis piégés et pas seulement
« Peut-être qu’éblouis par les effets spéciaux du spectacle, nous sommes les premiers à peu croire aux conséquences de nos actions (nous laissant aller à l’à peu près), ou bien à en exagérer la portée (nous laissant prendre par l’illusion médiatique). Il y a des conséquences qui continuent à produire des causes. »
Une dépêche AFP du 27 mars nous apprend que la « FAI » (Fédération Anarchiste Informelle) vient de revendiquer une série d’actions postales, dont l’envoi d’un colis piégé destiné à Roberto Maroni (ministre de l’intérieur italien et membre de la Ligue du Nord) qui a explosé dans un centre de tri, blessant légèrement un employé de la Poste italienne aux mains (voir http://www.leparisien.fr/flash-actu... par exemple).
Regardons les choses franchement : Des anarchistes ont visés le ministre de l’intérieur, et ont blessés un postier. Accident ? Cela fait pourtant des années que la pratique du colis piégé est critiquée par des compagnons. N’est pire sourd que celui qui se bouche les oreilles à la glue.
Laissons l’imagination faire son œuvre : le postier est légèrement blessé. Bon. Et s’il l’avait été plus gravement ? Quelle marge d’erreur un anarchiste doit il se laisser quand il est question de dommages collatéraux ?
Parlons un peu de responsabilité individuelle. Maroni a été attaqué en tant qu’individu, et un individu n’ayant rien à voir avec les responsabilités de Maroni a été blessé. Non pas qu’un postier ne peut avoir des raisons de se faire haïr (par une certaine pureté prolétarienne, par exemple), mais que les auteurs du colis savaient pertinemment qu’il risquait de s’embraser au centre de tri ou dans un autre endroit dans le genre. Mettant en danger des individus dont ils ne savaient rien des choix et des responsabilités. Et tant qu’à parler de responsabilité, il faudra bien prendre les siennes un jour.
On se plaindra du traitement médiatique, mais reste que ce genre d’action est une aubaine pour les journaflics, puisqu’ils sont possesseurs de la parole publique, de nos jours gris. C’est pour cela qu’il serait bon que les anarchistes se saisissent, vite, du débat. Pensant que les fins sont indissociables des moyens, et que la seule guerre dans laquelle nous devons nous impliquer est la guerre sociale – et non la guerre civile de tous contre tous, où la vie d’un postier inconnu nous est aussi indifférente que celle d’un fasciste ministre de l’intérieur, nous pensons qu’il est urgent de se détourner de ce type d’actions digne d’un mauvais film de gangsters.
Car agir et lutter est plus urgent que jamais. Comme l’indique une lettre de la FAI, « on viole dans les centres d’identification pour les étrangers, Maroni est complice ». Qu’ils s’appellent CIE, CRA ou centres fermés, les prisons pour étrangers méritent une lutte déterminée contre leur existence et contre ceux qui les gèrent et s’engraissent sur elles. Autant que cette lutte soit claire sur ses buts et ses pratiques. On ne combat pas des gens qui mutilent et tuent dans le tas en mutilant et en tuant dans le tas.
La lutte pour la Liberté de chacun, ce n’est pas un affrontement entre deux bandes rivales, où tous les coups seraient permis. C’est une lutte contre l’autorité, qui devrait se défaire des stigmates des officines autoritaires et de leurs pratiques : frappe dans le tas, lutte armée spécialisée, organisations ("in")formelles et tutti quanti. Si les méthodes de lutte laissent entrevoir la vie pour laquelle nous nous battons, alors la pratique des colis piégés laisse entrevoir une vie de guerre civile et de peur.
Pour un monde sans sujets ni richesses, sans dieux et sans guerres.
https://paris.indymedia.org/spip.php?article405
Une dépêche AFP du 27 mars nous apprend que la « FAI » (Fédération Anarchiste Informelle) vient de revendiquer une série d’actions postales, dont l’envoi d’un colis piégé destiné à Roberto Maroni (ministre de l’intérieur italien et membre de la Ligue du Nord) qui a explosé dans un centre de tri, blessant légèrement un employé de la Poste italienne aux mains (voir http://www.leparisien.fr/flash-actu... par exemple).
Regardons les choses franchement : Des anarchistes ont visés le ministre de l’intérieur, et ont blessés un postier. Accident ? Cela fait pourtant des années que la pratique du colis piégé est critiquée par des compagnons. N’est pire sourd que celui qui se bouche les oreilles à la glue.
Laissons l’imagination faire son œuvre : le postier est légèrement blessé. Bon. Et s’il l’avait été plus gravement ? Quelle marge d’erreur un anarchiste doit il se laisser quand il est question de dommages collatéraux ?
Parlons un peu de responsabilité individuelle. Maroni a été attaqué en tant qu’individu, et un individu n’ayant rien à voir avec les responsabilités de Maroni a été blessé. Non pas qu’un postier ne peut avoir des raisons de se faire haïr (par une certaine pureté prolétarienne, par exemple), mais que les auteurs du colis savaient pertinemment qu’il risquait de s’embraser au centre de tri ou dans un autre endroit dans le genre. Mettant en danger des individus dont ils ne savaient rien des choix et des responsabilités. Et tant qu’à parler de responsabilité, il faudra bien prendre les siennes un jour.
On se plaindra du traitement médiatique, mais reste que ce genre d’action est une aubaine pour les journaflics, puisqu’ils sont possesseurs de la parole publique, de nos jours gris. C’est pour cela qu’il serait bon que les anarchistes se saisissent, vite, du débat. Pensant que les fins sont indissociables des moyens, et que la seule guerre dans laquelle nous devons nous impliquer est la guerre sociale – et non la guerre civile de tous contre tous, où la vie d’un postier inconnu nous est aussi indifférente que celle d’un fasciste ministre de l’intérieur, nous pensons qu’il est urgent de se détourner de ce type d’actions digne d’un mauvais film de gangsters.
Car agir et lutter est plus urgent que jamais. Comme l’indique une lettre de la FAI, « on viole dans les centres d’identification pour les étrangers, Maroni est complice ». Qu’ils s’appellent CIE, CRA ou centres fermés, les prisons pour étrangers méritent une lutte déterminée contre leur existence et contre ceux qui les gèrent et s’engraissent sur elles. Autant que cette lutte soit claire sur ses buts et ses pratiques. On ne combat pas des gens qui mutilent et tuent dans le tas en mutilant et en tuant dans le tas.
La lutte pour la Liberté de chacun, ce n’est pas un affrontement entre deux bandes rivales, où tous les coups seraient permis. C’est une lutte contre l’autorité, qui devrait se défaire des stigmates des officines autoritaires et de leurs pratiques : frappe dans le tas, lutte armée spécialisée, organisations ("in")formelles et tutti quanti. Si les méthodes de lutte laissent entrevoir la vie pour laquelle nous nous battons, alors la pratique des colis piégés laisse entrevoir une vie de guerre civile et de peur.
Pour un monde sans sujets ni richesses, sans dieux et sans guerres.
https://paris.indymedia.org/spip.php?article405
Inscription à :
Articles (Atom)