vendredi 4 juin 2010

Début du procès des émeutes du Vert-Bois (Saint-Dizier, octobre 2007)

Le procès des violences urbaines du Vert-Bois

France 3, 02/06/2010

Huit prévenus comparaissent devant le Tribunal Correctionnel de Chaumont après une nuit de violences en 2007.

Trois ans après les faits, ce sont 8 prévenus qui ont pris place dans le box des accusés. (huit mineurs seront jugés par le Tribunal des enfants du 21 au 25 juin). Ils risquent jusqu’à 10 ans de prison et une amende de 150 000 euros pour destructions, dégradations ou détériorations aggravées et pour violences en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique et sur des sapeurs-pompiers.

Ce matin, à l’ouverture des débats, la défense a contesté la régularité des gardes à vue et demandé un surseoir à statuer, sans succès. L’audience a porté sur l’étude de personnalités et le visionnage des caméras de surveillance. Les accusés ont nié les faits qui leur sont reprochés. Leurs avocats ont demandé et obtenu l’audition de deux témoins anonymes (mercredi). Demain mardi, la deuxième journée verra l’audition de chacun des accusés et leur confrontation. Les pompiers qui ont été agressés (l’un d’entre eux a été blessé aux bras suite au caillassage de son camion) ont renoncé à témoigner. C’est dans un climat de peur et de méfiance qui semble encore animer le quartier que s’ouvre le procés.

Le rappel des faits.

Dans la nuit du 4 octobre 2007, le quartier du Vert-Bois (13 000 habitants) à Saint Dizier s’est enflammé. Une trentaine de jeunes ont attaqué un véhicule de pompiers et une voiture de la Brigade Anti-Criminalité (BAC) qui intervenaient près du centre commercial du quartier. Les deux véhicules ont été caillassés et frappés avec des barres de fer. Policiers et pompiers, intervenus pour circonscrire les incendies, ont été pris pour cible par une quarantaine de délinquants cagoulés et armés de barres de fer. Trois pompiers et un policier de la BAC ont été légèrement blessés, une soixantaine de véhicules ont été volontairement brulés, une agence de location de voiture, les locaux de la Maison des Jeunes et de la Culture et de l’ Office Public HLM vandalisés, un abribus détruit. A l’origine des faits, un climat tendu entre la direction de la MJC et les jeunes usagers les semaines précédentes.

Le lendemain, la Ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, s’est rendu sur les lieux.

Dans les jours qui suivent, une vingtaine de victimes a répondu à l’invitation du Député-maire (UMP), François Cornut-Gentille. Ils ont rencontré en Mairie les services sociaux, policiers et pompiers et évoqué pendant deux heures leur traumatisme, les dégâts matériels et l’impossibilité de se rendre à leur travail.

Le 16 octobre, 13 jeunes adultes et 1 mineur suspectés d’être impliqués dans les violences urbaines ont été arrêtés.

*********

Témoignages sous X à Chaumont

Europe 1, 02 Juin 2010

Des témoins déposeront anonymement mercredi au procès des émeutiers de Saint-Dizier. Rarissime.

Mercredi, devant le tribunal correctionnel de Chaumont, qui juge depuis lundi huit jeunes soupçonnés d’avoir participé aux violentes émeutes de Saint-Dizier en octobre 2007, deux témoins-clés vont prendre la parole. Mais ils seront tenus à l’écart, par peur des représailles.

Ces deux témoins déposeront sous X dans un lieu tenu secret, une salle du tribunal ou un local à l’extérieur. On ignore encore par quels moyens ils s’adresseront à la cour, mais que ce soit par visioconférence ou au téléphone, tour sera fait pour les protéger. Même leur voix sera trafiquée. Dès le début de la procédure, l’anonymat leur a été garanti de bout en bout. Dans les 6 tomes du dossier, leur nom a été remplacé par des numéros. Une démarche rarissime, mais nécessaire dans ce type d’affaires. "Ce ne sont que quelques témoignages"

Mais pour maître Gérard Chemla, défenseur de plusieurs accusés, difficile de préparer une défense sans confrontation, surtout lorsque les poursuites reposent uniquement sur quelques témoignages. "Il y a pour certains d’entre eux des éléments matériels, un téléphone, de l’ADN. Mais pour l’essentiel et en tous cas pour mes clients, ce ne sont que quelques témoignages, qui sont soit anonymes, soit qui émanent de personnes qui ne sont pas anonymes, mais qu’on n’a jamais voulu nous présenter. "

Et mercredi après-midi, une vingtaine de victimes viendront déposer à la barre. Regroupées en associations, elles attendent des huit prévenus la vérité sur les véritables raisons sur cette nuit de violences.